Un plan d'investissement sans précédent au service des territoires 
 
 
Témoignages

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Des témoignages d'acteurs clés du Plan de Relance Autoroutier :

Gilles Calas, Directeur de la construction, VINCI Autoroutes

Quel type d’opérations privilégie le PRA ?

L’essentiel des investissements du PRA concerne des élargissements sur des grands axes. S’y ajoute des aménagements pour renforcer l’insertion environnementale de l’autoroute, en particulier en termes de biodiversité (écoponts, passages petite faune…). C’est le MEDDE, donc le concédant, qui a retenu les sections à élargir selon leur niveau de trafic et de sécurité, mais aussi pour des logiques de cohérence d’axes. Pour VINCI Autoroutes, c’est d’abord l’axe Paris-frontière espagnole, avec 3 sections d’élargissement prévues : sur l’A10, au nord d’Orléans (16 km) puis sur la section Tours-Poitiers (24 km entre la bifurcation A10/A85 et Sainte-Maure-de-Touraine) et sur l’A63 au sud des Landes (27 km) dans la continuité des travaux en cours depuis 2009 sur cet axe.
Le niveau de service et la fluidité du trafic en seront améliorés, avec à la clé une réduction des émissions de polluants. Cela permettra aussi une mise aux normes environnementales actuelles de sections plus anciennes en matière de protection acoustique, de protection des eaux ou de continuités écologiques.

Pouvez-vous citer un exemple représentatif ?

La mise à 2x3 voies de l’A63 au sud des Landes, sur 27 km, est typiquement un chantier qui concourt à améliorer un itinéraire international très chargé en trafic poids lourds : l’accès à la péninsule ibérique par la côte Atlantique. Cette opération favorisera la fluidité du trafic et la sécurité en évitant la création d’un noeud d’étranglement entre deux tronçons déjà aménagés à 2x3 voies, sur 150 km au sud de Bordeaux et bientôt de Bayonne à la frontière espagnole. L’aménagement de cette section, réalisée dans les années 1970 et « non élargissable », présente des contraintes techniques avec notamment la démolition d’une dizaine d’ouvrages et le franchissement d’une voie ferrée qui impose des créneaux d’intervention stricts. Avec la grande forêt des Landes, des étangs classés Natura 2000, etc. nous devons aussi prendre en compte un environnement sensible. Les travaux seront lancés dès que la DUP sera obtenue, les études et les procédures étant déjà réalisées et un important travail de concertation ayant été mené localement.

Olivier Cuenot, Directeur de la Construction et du Patrimoine, groupe SANEF

Quels sont les points forts du PRA pour votre société ?

Nos projets répondent à des enjeux d’amélioration de la sécurité et de la fluidité du trafic, ainsi qu’à des enjeux d’accessibilité des territoires avec notamment la mise à 2x3 voies de l’A13 entre Pont L’Évêque et Dozulé, sur 21 km, ou encore la création de nouveaux échangeurs et l’aménagement de plus anciens sur l’A13, l’A16, l’A26 et l’A4. Avec des chantiers de nature et de taille différentes, le PRA va générer des emplois directs aussi bien pour des grandes entreprises (élargissements), des entreprises spécialisées de haute technicité (construction d’un 3e viaduc à Guerville), que pour des entreprises locales avec un grand nombre d’opérations multi-sites (rénovation des aires, création de 400 places de covoiturage, aménagements environnementaux, etc.). Et puis aussi tous les emplois indirects que génère tout chantier : soustraitance, restauration, hébergement...

Quel chantier représente un véritable défi technique ?

Le chantier du viaduc de Guerville sur lequel l’A13 longe la rive gauche de la Seine, en face de la centrale de Porcheville, est emblématique car colossal et très contraint. Les ouvrages actuels à 2x3 voies et sans bande d’urgence, constitués de deux tabliers distincts, nécessitent de grosses réparations. Avec un trafic de 120 000 véhicules/jour, il est difficile de réduire le nombre de voies et d’y intervenir. SANEF démarre donc la construction d’un 3viaduc, contigu aux deux premiers, à 3 voies et avec BAU, dans le sens province-Paris. L’ouvrage absorbera toute la circulation pendant les travaux de rénovation des tabliers existants. Une fois ces travaux achevés, il facilitera les opérations d’entretien et contribuera à l’élargissement de l’axe Paris-Normandie. À l’étude depuis plusieurs années, ce projet d’un coût de 47 M€, aux contraintes techniques et environnementales fortes (voie ferrée en dessous, ligne haute-tension au-dessus…), débute début 2016 par les travaux préparatoires. La construction proprement dite devrait être lancée en avril et achevée en 2019. La fin des travaux dans leur ensemble est prévue pour 2021.

Jean-Charles Dupin, Directeur des Grands Investissements et du Développement, groupe APRR :

Quel impact direct aura le PRA sur vos territoires ?

Pour le groupe APRR, il s’agit de 5 grandes opérations toutes situées hors du réseau actuellement concédé. Trois d’entre elles portent sur la réalisation de dispositifs d’échanges avec des infrastructures non autoroutières. C’est le cas du noeud de Sevenans entre Belfort et Montbéliard, qui permettra une liaison entre A36, N1019 et D437. L’intérêt collectif de cet aménagement, en zone urbanisée avec des contraintes géométriques et foncières assez drastiques, est évident puisqu’il desservira un nouveau complexe hospitalier et la gare TGV de Belfort. Il est donc très attendu par tous les acteurs économiques et administratifs locaux et, bien sûr, leurs personnels et leurs usagers. L’attente est également forte sur d’autres projets de noeuds prévus l’un à Montmarault (noeud A71/N79), l’autre à Mâcon (noeud A6/A406/N79), c’est-à-dire sur une section de la RCEA/ Route Centre-Europe Atlantique.
Ils contribuent à la sécurisation de cet itinéraire, l’un des plus dangereux de France, et préparent d’autres phases de sa mise aux normes autoroutières.

Pourriez-vous illustrer cet impact à travers une opération particulière ?

Attendue depuis des années par les collectivités locales, APRR va poursuivre la mise à 2x3 voies de l’A75 au sud de Clermont-Ferrand pour compléter celle déjà réalisée sur l’A71, au nord de l’agglomération. Il s’agit de la reprise d’une section de 11 km, dans un site très urbanisé, avec 5 échangeurs et supportant un trafic de 60 à 80 000 véhicules/jour afin de l’élargir et la mettre aux normes actuelles. Cette section qui dessert des zones résidentielles, économiques, culturelles et commerciales connaît quotidiennement des trafics denses aux heures de pointe. De plus, située sur l’axe nord-sud, elle supporte un trafic de transit l’été et le passage des poids lourds toute l’année. L’aménagement s’accompagnera d’une mise à niveau générale tant sur les caractéristiques géométriques que sur les normes environnementales. Les travaux démarreront à l’issue des procédures administratives habituelles et longues par nature (concertation L.300-2, DUP, IOTA). En 2016, seront lancés les travaux préparatoires, notamment sur des ouvrages d’art, ainsi que la reprise de l’exploitation. 
 
La chronologie des opérations